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Introduire un oiseau

Introduire : V,


Le terme introduire un oiseau, signifie que l’oiseau va pouvoir, pour la première fois, voler sans attache  d’un point A à un point B. 


En effet, jusqu’à l’introduction, les vols de l’oiseau sont assurés par une filière. Il s’agit d’une petite cordelette de plusieurs mètres ou dizaines de mètres qui est fixée aux jets du rapace lors des séances d’apprentissage des rappels de l’oiseau, autrement appelé “réclames”. Cela permet au fauconnier de s’assurer que l’oiseau ne fuit pas, s’il n’est pas encore suffisamment bien familiarisé à ce dernier. 

L’introduction  est la suite logique du lien de confiance créé entre l'oiseau et son fauconnier. C'est le point culminant d'un processus méticuleux, jalonné  de plusieurs étapes:



1.Affaitage et sociabilisation


Lors de la première édition du mot du fauconnier (accessible ici) nous évoquions le terme d’affaitage des oiseaux en fauconnerie, à savoir la création d’une relation de confiance entre le fauconnier et l’oiseau. Lors de cette étape, l'oiseau s'acclimate à son nouvel environnement, apprend à reconnaître la voix et les gestes de son partenaire humain. C'est un temps d'adaptation essentiel où se forgent les fondations de la collaboration future.

Pour cela, il va falloir l’habituer à être manipulé le plus souvent possible. Rapace et fauconnier passent plusieurs heures par jour ensemble : l’oiseau est pesé, porté au poing (sur le gant du fauconnier), nourri à volonté et ce jusqu’à ce que l’oiseau ait pleinement confiance dans le fauconnier qui l’affaite. Cela peut durer plusieurs jours, voire plusieurs semaines.

Durant cette période, le fauconnier va pouvoir déterminer, en fonction du comportement de l'oiseau, quel est le poids de travail optimal de ce dernier afin de pouvoir obtenir les meilleurs résultats tout en assurant la pérennité du lien de confiance. 



2. Réclame en Filière


Ainsi, une fois que le lien de confiance est solidement établi et que le poids de travail optimal  est défini, autrement nommé poids “Yarack”, vient le moment d'enseigner à l'oiseau le réclame. C'est-à-dire, partir d’un point A pour venir au point B qui est soit, le poing ou le leurre du fauconnier.

Ce travail débutera de manière simple par de petits exercices  en filière d’environ 10-20cm durant lesquels l’oiseau devra venir chercher la nourriture sur le gant du fauconnier. Chaque déplacement donne lieu à  une récompense. Parfois, cela peut nécessiter plusieurs essais avant que l’oiseau décide enfin de se lancer. Dans certains cas, il faut  diminuer progressivement la ration quotidienne de nourriture de l’oiseau  et renouveler l'exercice jusqu’à ce que le rapace saute au gant pour venir se nourrir. C’est à cette étape que l’on va pouvoir déterminer le premier poids  de vol de l’oiseau. Une pesée régulière permet de connaître ce poids et de s’assurer de la bonne santé de l’oiseau.

Il est préférable de commencer par de courtes distances qui suscitent plus de réactivité chez l’oiseau.  La distance sera progressivement augmentée et les zones d'entraînement seront variées au cours de ce processus, jusqu’à ce que le rapace montre au fauconnier que ce dernier est devenu son référent et qu’il lui accorde toute sa confiance. Il sera alors temps de laisser voler librement le rapace et de débuter sa préparation physique et psychologique. Le fauconnier va donc pouvoir “introduire” son oiseau.



 3. L'introduction : le premier vol libre 

C’est une étape extrêmement importante, qui peut susciter un peu d'appréhension chez le fauconnier car l’oiseau peut, potentiellement, partir et ne plus revenir. 

Afin de pallier à cela, lors de l’introduction, comme lors de tout vol, le rapace est équipé d’un émetteur radio afin de pouvoir le retrouver s’il se déporte.  Le fauconnier peut également accrocher une sonnette  à la patte de l’oiseau afin de le retrouver plus facilement. Le fauconnier doit choisir le moment et l’environnement idéal : de bonnes conditions climatiques, un environnement connu de l’oiseau, un moment de la journée respectant la physiologie du rapace et respecter le poids adéquat de ce dernier.  Lorsque ces éléments sont réunis, et que le vol de l’oiseau est sécurisé par un moyen de localisation, l’introduction peut être réalisée. 

En fonction du rapace et de l’objectif escompté, le processus d’introduction peut varier. Il peut s’agir d’un rappel au gant (procédure classique avec les Buses de Harris), au leurre (préféré pour les faucons)  ou encore  la reproduction d’une action de chasse (technique privilégiée pour l’Autour des palombes).



L’introduction : Le premier pas vers la formation de l’oiseau


A l’issue de ce vol d’introduction, l'oiseau ne volera plus en filière mais toujours librement.   C’est ainsi que va pouvoir débuter la formation du rapace. En effet, jusqu’alors le principal travail du fauconnier était d’acquérir la confiance de l’oiseau. Étant devenu son référent, le fauconnier va devoir maintenant accompagner l’oiseau pour le former en l’entraînant et en le formant aux subtilités de la chasse et/ou de l’effarouchement en reproduisant des actions et situations naturelles pour faire ressortir l’instinct de prédation de l’oiseau. 

C'est au fur et à mesure de ces vols d'entraînement que l'oiseau va pouvoir développer sa propre expérience et des techniques de vol qui lui sont spécifiques…. Mais ceci sera le sujet d'un futur article!


© Buse de Harris - par Titouan De Cressac

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